1-Qu’est-ce-qu’un roman ?

Le roman est un genre littéraire narratif. C’est-à-dire qu’il raconte une histoire de la manière ordonnée et précise que choisit son auteur.
Le roman peut-être défini comme une fiction (œuvre imaginaire, en prose (sans versification), écrite par un auteur, voire plusieurs, même si celui-ci est parfois anonyme. IL est généralement plus long qu’un conte et qu’une nouvelle littéraire bien qu’il existe des romans courts.
Le ressort fondamental du roman est la curiosité du lecteur pour les personnages et pour les péripéties, à quoi s’ajoutera plus tard l’intérêt pour un art d’écrire.
Au fil des siècles, la vision, la popularité et la forme du roman a évolué.
2-Comment est né le roman (Origine du roman) et quel est son évolution ?
Le roman est un genre littéraire le plus connu aujourd’hui. Au XIIe siècle le roman est écrit en vers comme la majorité des œuvres littéraires. Roman veut écrire en langue romane (en langue vulgaire, en français). Ce n’est qu’au XVIe siècle qu’apparait le roman en prose. Ainsi en 1532 François Rabelais publie Pantagruel puis en 1535 Gargantua, deux romans qui privilégient le registre comique burlesque mais qui exprime aussi les idées du mouvement humaniste.
Le roman se met progressivement à désigner un genre littéraire précis, c’est la chanson des gestes jusqu’au XVIIe siècle. Le roman « la supplante », est le premier écrit en octosyllabes à rimes plates, il mêle les thèmes de l’aventure, de la guerre et de l’amour courtois.
Les textes mis en roman sont latins. Le premier est la « Thébaïde » de Stace. Elle a été traduite en 1150 sous le nom de « Roman de Thèbes ». Ainsi, l’« Enéide » de Virgile est traduite sous la forme de vers, « Eneas ». Il y a le « Roman de Troie » de Benoît de Sainte Maure. Les clercs ont éprouvé le besoin de mettre à la disposition d’un public de cour cette littérature. Des clercs ont eu la mission de traduire ces œuvres pour les laïcs. Cette activité va s’étendre. On traduit aussi des œuvres du Moyen-Âge (Roman) en plus des œuvres antiques. On traduit des chroniques et des récits historiques.
3-Quel est l’évolution d’un roman ?
Aux origines : l’épopée
Dans l’Antiquité, le récit épique magnifie les exploits d’un héros en proie à des épreuves formatrices dans le cadre d’épopées, comme l’Odyssée et l’Iliade d’Homère, ou l’Énéide de Virgile, qui sont l’ancêtre du roman.
Au Moyen Âge : de la langue parlée à l’œuvre écrite
Le nom « roman » désigne la langue parlée par le peuple français, la « lingua romana rustica », en opposition au latin qui est la langue savante parlée par les clercs. Cette langue romane sert à rédiger des récits fictifs et divertissants, ce qui amène à utiliser le mot « roman » pour désigner ce genre de récits, notamment les romans de chevalerie de Chrétien de Troyes comme Yvain ou le chevalier au lion.
Les romans médiévaux racontent des aventures fictives intégrant souvent des épisodes merveilleux et imaginaires, comme La Chanson de Roland en 1070, récit d’aventures héroïques notamment guerrières.
L’histoire est faite de rebondissements et d’épreuves qui sont pour le héros l’occasion de révéler ou d’affirmer ses qualités et lui permettent de retrouver un équilibre.
Le roman médiéval remplit d’abord une dimension de divertissement, mais il diffuse aussi une vision morale du monde en exaltant des valeurs personnelles et sociales utiles à la cour ou dans le monde.
Au XVIIe siècle : psychologie et sentiments
Les romans précieux, comme L’Astrée (16071627) d’Honoré d’Urfé, et les romans classiques, comme La Princesse de Clèves (1678) de Madame de La Fayette, valorisent la psychologie et les sentiments des personnages, ce qui enrichit le genre.
En résumé pendant longtemps, le roman ne semble pas être un véritable genre littéraire. Il est peu considéré en raison de son image initiale de littérature populaire, et reste souvent discrédité jusqu’au XVIIIe siècle. Au XVIIe siècle, il est souvent vu comme futile et invraisemblable, art immoral du mensonge qui corrompt les mœurs des lecteurs.
Au XVIIIe siècle : le roman de l’individu
Au XVIIIe siècle, le roman diversifie ses formes, mais surtout exalte le personnage en tant qu’individu ayant un caractère propre, des sentiments, des désirs, un destin unique. La narration à la première personne devient donc fréquente, pour souligner l’importance de la subjectivité des personnages, comme dans Manon Lescaut de l’Abbé Prévost (1731).
Le XIXe siècle : le siècle du roman, en trois étapes
Le XIXe siècle est le siècle par excellence du roman, qui devient enfin un genre sérieux et qui diversifie désormais sa forme. Romantique, réaliste ou naturaliste, le roman s’intéresse pleinement à la psychologie, aux relations sociales, à l’histoire, à la société, bref au réel dans son ensemble.
Le roman romantique met l’accent sur les eff’usions sentimentales, les passions ou les désillusions du personnage, comme dans Atala de François-René de Chateaubriand (1801) qui raconte les amours douloureuses et tragiques de Chactas et Atala ; il propose aussi une réflexion critique sur la société et l’histoire de son temps, comme Victor Hugo dans Les Misérables (1862).
Dès 1830, le roman réaliste est à l’honneur : destiné à peindre la réalité, il veut rivaliser avec le monde réel en racontant et en décrivant ce qui se passe à l’aide de nombreux détails descriptifs et d’explications documentaires. Cette quête de fidélité au réel se retrouve par exemple dans La Chartreuse de Parme (1839) de Stendhal ou La Comédie humaine d’Honoré de Balzac (18421848).
Le roman naturaliste met en œuvre une observation très minutieuse, expérimentale, voire scientifique, de la société et des individus : le quotidien du peuple, les thèmes du corps, des sensations, de la misère, du travail, de l’argent et de l’industrie y sont fréquents.
Le roman au début du XXe siècle, entre imaginaire, psychologie et réalité
Le début du XXe siècle voit la défaite de cette ambition réaliste : beaucoup d’auteurs se tournent vers l’imaginaire ou le merveilleux pour se débarrasser de cette emprise du quotidien et du réel, comme André Breton dans Nadja, en 1928. D’autres romanciers font le choix du récit psychologique, privilégiant l’intériorité, comme Marcel Proust avec À la recherche du temps perdu (19131927).
Le roman devient aussi le vecteur de contestations sociales surgissant face aux conséquences des guerres mondiales, tout en interrogeant la nature humaine à travers ses actes et ses valeurs, comme dans Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (1932).
Après la Seconde Guerre mondiale : le nouveau roman
Après la Seconde Guerre mondiale, le roman expérimente de nouvelles techniques, jouant avec les codes romanesques, explorant de nouvelles méthodes narratives : c’est l’ère du Nouveau Roman, qui récuse la fiction du XIXe siècle en supprimant l’épaisseur de l’intrigue, en effaçant les particularités physiques et psychologiques du personnage et en déshumanisant les relations interindividuelles : le travail sur la forme romanesque et sur son renouvellement supplante les aventures fictives, par exemple dans La Modification de Michel Butor (1957).
De nos jours
Depuis la fin du XXe siècle, le roman ne cesse d’explorer de nouvelles voies, de jouer avec les codes génériques, en mêlant autobiographie et fiction, par exemple Fils de Serge Doubrovsky (1977), qui, dans un long monologue intérieur, est le récit de la journée d’un personnage nommé SD, à New York, entre séance de psychanalyse, cours donné à l’université et souvenirs.
4- Quels sont les types de roman ?
Le roman cherche à divertir, à émouvoir, à captiver le lecteur. Il peut soutenir un moral ou un idéal ; il a une visée argumentative. Pour cela, on distingue plusieurs types de roman qui sont :
Le roman autobiographie : le narrateur raconte sa propre histoire. Il n’est pas l’auteur.
Le roman à tiroirs : le récit principal est interrompu par des récits secondaires selon la technique de l’enchâssement.
Le roman d’analyse : il met l’accent sur l’étude des passions ou des aspirations (aspect psychologique) des personnages.
Le roman d’apprentissage (d’éducation) : il met l’accent sur un jeune personnage qui fait son entré progressive dans la vie adulte (inexpérience, ambitions, premières amours).
Le roman de mœurs : met l’accent sur les différents milieux sociaux et familiaux.
Le roman historique : l’histoire révèle des évènements ou des personnages historiques.
Le roman d’aventures : traite de l’héroïsme. Les personnages ou héros ont une quête à accomplir et, pour y parvenir, doivent surmonter divers obstacles.
Le roman de science-fiction : expose sur l’évolution future de la science et des technologies.
Le roman romantique : basé sur les émotions.
Le roman réaliste (naturaliste) : évoque les réalités du monde.
Le roman policier : met en scène un détective ou un policier qui doit résoudre une énigme.
Le roman fantastique : fondé sur la terreur et le doute.
Le roman didactique transmet un enseignement.
Le nouveau roman invente de nouvelles techniques narratives.
5- Quels est l’objectif d’un roman ?
Le roman véhicule les faits réels de l’homme et de la société. Les faits racontés servent de déclencheurs à l’évasion du lecteur ; il divertit, dépayse, peint et instruit le lecteur. Il a pour objectif de transmettre un message à décrypter et peut être une métaphore. L’organisation du récit et le travail du style donnent un souffle poétique au roman que le lecteur peut apprécier d’un point de vue émotionnel et artistique. Il suscite des émotions esthétiques.
Référence :
https://www.babelio.com/livres-/roman/1
http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/f1063.aspx
https://www.livresdeproches.fr/blog/lecteurs-dans-monde.html
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/habitudes-de-lecture-quel-pays-lit-le-plus-de-livres/82777